Nadia Matoub, la veuve du chanteur disparu en 1998, a gagné une bataille dans la guerre qu’elle a déclarée à la sœur et à la mère du chanteur. La direction de la Culture de la wilaya de Tizi-Ouzou a accepté de suspendre la procédure de classification de la maison du défunt comme «patrimoine local et national».

La décision de suspendre la procédure a été notifiée par écrit par la directrice de la Culture, Nabila Goumeziane, dans une correspondance, datée du 11 juin, adressée à Nadia Matoub. «Suite à votre objection quant au classement de la demeure de votre défunt époux, feu Matoub Lounès, sur les listes du patrimoine local et national, formulée et remise par vos soins à mes services, j’ai l’honneur de vous informer que ladite mission est suspendue», peut-on lire dans la missive.

C’est Nadia Matoub en personne qui a demandé à ce que la procédure s’arrête. La veuve du chanteur, qui était présente lorsque Lounès Matoub fut assassiné, réclame en effet un statut d’héritière à part entière. Or, la maison du chanteur, devenue musée et siège de la fondation éponyme, est gérée par la sœur et la mère du défunt. Une situation qui n’a pas laissé insensible le wali de Tizi-Ouzou qui a demandé, en janvier dernier, d’effectuer un audit sur la question.

La population de la région n’a pas non plus apprécié cette tentative de classifier la demeure du chantre de l’amazighité. Certains ont même vu dans cette initiative une «tentative de récupération de la part du pouvoir».

Rania Aghiles

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