Décédé à Paris à l’âge de 53 ans, le chanteur kabyle Moussa Kherbache a été enterré samedi dans son village natal de Tizemourine à Akfadou.
Amis, proches et anonymes, ils étaient très nombreux à se déplacer à Akfadou pour saluer la mémoire de l’artiste. Plusieurs noms de la chanson kabyle, à l’image de Amour Abdenour, Boudjemaâ Agraw, Kaci Boussaâd, Akli Aït Waghlis, Idir Akfadou, Tarik, Yanis, Hamid Wagrani, Baylache, l’ancien parolier du groupe Akfadou, Khellaf Oudjedi étaient également présents aux obsèques du chanteur.
Tous ceux qui l’ont connu se souviennent d’un homme «très aimable et plein de vie». «On a fréquenté la même école du groupe Akfadou. Je me sens très proche de lui comme un frère, il vit et respire l’art. C’est un bon vivant. Je pense que cette importante foule présente à son enterrement est révélatrice de ce respect», confie le jeune chanteur Tarik.
Très affecté par la perte de son ami et ancien membre du groupe Akfadou, Idir Akfadou parle aussi d’un homme connu pour être «très bon vivant». «On a affronté les premières galères ensemble dans ce milieu difficile de la chanson, sans connaissances ni moyens. C’est un ami de jeunesse, je garde l’image d’un bon vivant, un homme généreux et discret. Il a rejoint le groupe Akfadou en 1981. On a produit deux albums ensemble. D’abord en 1982 Saida et ensuite Lamhibam en 1986. Il a quitté le groupe pour une carrière en solo en 1987 mais on tient à souligner qu’il n’y avait aucune brouille entre nous. Il a produit près de 13 cassettes en solo», confie à son tour le chanteur Idir Akfadou.
L’ancien parolier du groupe Akfadou, Kellaf Oudjedi, n’a pas aussi manqué de témoigner des qualités humaines et artistiques du chanteur. «Moussa qui a une belle voix douce excellait aussi dans le jeu de guitare, mandole et luth. Pour moi, Moussa est un artiste au vu de ce qu’il apporte. Il a un style propre à lui, quand tu l’entends, tu reconnais l’auteur. Artistiquement, il est confirmé mais malheureusement le marché de la chanson est très difficile, c’est une jungle. Il ne s’est néanmoins pas tellement occupé de sa carrière par une médiatisation et le marketing. Mais je pense que c’est quelqu’un d’affirmé ; pour moi un artiste c’est celui qui a son propre style ; ensuite, chacun est libre d’apprécier ou non le style», juge Khellaf Oudjedi. Sur le plan humain, Khellaf Oudjedi décrit «un homme de parole, généreux, et quelquefois rêveur ; un militant aussi de la cause identitaire», rappelle-t-il.
Natif du village de Tizamourine dans la commune d’Akfadou, Moussa Kherbache s’est installé en France définitivement depuis 2001.
Son dernier voyage à Akfadou remonte à 2014. Il devait revenir au pays le 3 août prochain pour assister au mariage de son frère. Il a même acheté son billet d’avion, selon ses amis. Mais le sort en a décidé autrement. Moussa Kherbache laisse une discographie riche d’une centaine de chansons dont le très célèbre tube Tajeguit Ukefadou», un hymne dédié à la beauté de la femme kabyle d’Akfadou. Repose en paix l’artiste !